Changer d'agence web est une opération banale sur le papier et redoutable dans les faits. Le site continue de tourner, les pages s'affichent, et pourtant la moitié des éléments qui le font vivre reste entre les mains du prestataire sortant : le compte du bureau d'enregistrement, la zone DNS, le dépôt du code, les clés d'API, les certificats, parfois la propriété même du nom de domaine. Ce billet décrit ce qu'il faut récupérer, dans quel ordre, ce que dit le droit français sur la propriété du code et des données, ce que coûte un audit de reprise en 2026, et comment conduire les trente premiers jours sans casser un site en production.
Une reprise de site est le transfert complet de la responsabilité technique d'un site existant, d'un prestataire vers un autre. Elle porte sur sept objets distincts : le nom de domaine, la zone DNS, l'hébergement, le code source, la base de données, les accès d'administration et les comptes tiers. Elle échoue presque toujours pour la même raison : l'inventaire est réalisé après la résiliation, quand le prestataire sortant n'a plus aucune obligation de répondre.
Le mot qui manque dans la plupart des contrats de maintenance français est celui de réversibilité. Emprunté aux marchés d'infogérance, il désigne l'obligation faite au prestataire de restituer, en fin de contrat, l'ensemble des éléments permettant à un tiers de reprendre le service sans perte. Les grands contrats d'infrastructure la prévoient systématiquement, avec une durée, un format de livraison et parfois un budget dédié. Les contrats de maintenance de site vitrine, eux, l'ignorent presque toujours. Le résultat est prévisible : au moment de la séparation, le client découvre qu'il ne possède pas ce qu'il croyait avoir acheté.
Il faut ici distinguer trois situations qui n'appellent pas du tout la même méthode. La première est la reprise concertée : l'agence sortante joue le jeu, répond aux demandes, transmet les accès. C'est le cas le plus fréquent et le plus simple, à condition d'être organisé. La deuxième est la reprise contrainte : le prestataire ne répond plus, tarde, ou conditionne la restitution au paiement d'une facture contestée. La troisième est la reprise en urgence : l'agence a cessé son activité, a été liquidée, ou le contact unique a disparu. Chacune impose un ordre de priorité différent, mais toutes commencent par le même geste, récupérer la maîtrise du nom de domaine.
Une dernière confusion mérite d'être levée. Une reprise n'est pas une refonte. Reprendre un site consiste à en assumer la conduite dans son état actuel, puis à décider ce qui doit être corrigé. Refondre consiste à le remplacer. Beaucoup de prestataires proposent la seconde parce qu'elle est plus confortable pour eux : réécrire est souvent plus simple que comprendre le travail d'un autre. Ce n'est pourtant pas toujours l'intérêt du client, qui paie alors une refonte complète là où une remise à niveau ciblée aurait suffi. La question à poser à toute agence candidate est donc directe : êtes-vous capable de reprendre ce site tel qu'il est, et à quelles conditions ?
Avant d'envoyer la moindre lettre de résiliation, établissez la liste des sept éléments qui conditionnent la continuité du site : nom de domaine, zone DNS, accès à l'hébergement, code source, base de données, comptes d'administration du CMS, comptes tiers. Tant qu'un seul de ces sept éléments reste hors de votre contrôle, la reprise n'est pas acquise. L'ordre de récupération compte autant que la liste elle-même.
Le nom de domaine vient en premier, parce qu'il commande tout le reste. Vérifiez qui figure comme titulaire dans la base du registre, et pas seulement qui reçoit les factures. Un domaine payé par vous mais enregistré au nom de l'agence n'est pas le vôtre. La zone DNS vient ensuite : c'est elle qui dirige le trafic web, les courriels et les enregistrements de vérification des services tiers. Beaucoup de reprises ratées se soldent par une coupure de messagerie parce que les enregistrements MX, SPF, DKIM et DMARC ont été oubliés dans la bascule.
L'hébergement demande un accès réel, pas une capture d'écran : identifiants du panneau de contrôle, accès SFTP ou SSH, accès à la base, et surtout connaissance de l'offre souscrite, de son échéance et de son titulaire. Le code source doit être récupéré depuis son dépôt d'origine, idéalement un dépôt Git avec son historique, et non sous la forme d'une archive figée. L'historique vaut mieux qu'une photographie : il documente les choix, les correctifs et les personnalisations.
La base de données se récupère en export complet, structure et données, avec la version exacte du moteur, MySQL ou MariaDB, et son jeu de caractères. Les comptes d'administration du CMS doivent être transmis avec un compte de niveau super-administrateur réellement fonctionnel, et non un compte éditeur bridé. Les comptes tiers forment la catégorie la plus souvent oubliée : passerelle de paiement, service d'envoi de courriels transactionnels, outil de mesure d'audience, gestionnaire de balises, réseau de diffusion de contenu, service de sauvegarde externalisée, licences d'extensions commerciales. Une licence enregistrée au nom de l'agence cesse de recevoir les mises à jour de sécurité le jour où le contrat s'arrête, et ce silence est totalement invisible depuis le site.
À cette liste s'ajoute la documentation : schéma d'hébergement, procédure de déploiement, liste des tâches planifiées, liste des personnalisations apportées au cœur ou au thème. Elle est rarement fournie spontanément. Demandez-la explicitement, par écrit, pendant que la relation est encore contractuelle. C'est le moment où vous avez le plus de levier. Pour cadrer cette phase, notre page audit de site web détaille le périmètre d'un état des lieux technique complet.
Le nom de domaine est le premier point de blocage d'une reprise, et le plus coûteux à débloquer tardivement. Deux règles techniques structurent l'opération : un code d'autorisation délivré par le bureau d'enregistrement sortant, et un verrou temporel qui interdit tout transfert pendant une période donnée. Ces règles diffèrent selon l'extension, et les ignorer coûte des semaines.
Pour les extensions génériques comme .com, .net ou .org, la politique de transfert de l'ICANN s'applique. Lors de la réunion ICANN82 de mars 2025, les quarante-sept recommandations issues de la révision de cette politique ont été validées. La plus visible pour un titulaire est terminologique mais utile : l'ancien AuthInfo Code devient le TAC, pour Transfer Authorization Code. Il n'est plus stocké en permanence mais généré à la demande, avec une durée de validité limitée, de l'ordre de quatorze jours. Concrètement, vous ne pouvez plus demander le code des mois à l'avance et le garder au chaud : il faut le demander au moment où le transfert est réellement lancé. La règle du verrou de soixante jours après une création ou après un transfert précédent reste en vigueur, et ni vous ni votre bureau d'enregistrement ne peuvent la lever.
Pour le .fr, le registre est l'Afnic et les règles sont différentes, généralement plus favorables. Le domaine dispose d'une clé titulaire, équivalent du code d'authentification, que le bureau d'enregistrement doit fournir gratuitement au titulaire qui la demande. L'Afnic pilote le transfert directement entre les deux bureaux, sans la période d'attente de cinq jours imposée sur les extensions génériques. Un transfert de .fr se réalise couramment en un à trois jours. La réserve est de taille : si le bureau d'enregistrement sortant s'oppose au transfert dans les huit jours suivant la notification, la durée totale de l'opération passe à vingt-deux jours. Un courriel de confirmation part par ailleurs vers l'adresse du titulaire et contient un lien de validation à activer sous cinq jours. Si cette adresse est une boîte de l'agence sortante, le transfert échoue silencieusement.
Le changement de titularité, c'est-à-dire la modification du nom du titulaire dans la base du registre, est une opération distincte du transfert entre bureaux d'enregistrement. Elle prend quelques jours et se facture généralement entre 0 et 20 euros hors taxes selon le bureau d'enregistrement. Elle est indispensable lorsque l'agence figure comme titulaire et non comme simple contact technique. Traitez-la avant le transfert : déplacer un domaine qui ne vous appartient pas ne vous en donne pas la propriété.
Côté DNS, la méthode qui évite les coupures consiste à abaisser la durée de vie des enregistrements à trois cents secondes environ quarante-huit heures avant la bascule, à recopier intégralement la zone existante chez le nouvel opérateur avant tout changement, à vérifier enregistrement par enregistrement, puis à basculer les serveurs de noms. On remonte la durée de vie une fois la propagation constatée. Les enregistrements de messagerie, MX, SPF, DKIM et DMARC, se vérifient en premier : une erreur sur l'un d'eux coupe le courrier de l'entreprise entière, ce qui est bien plus grave qu'une indisponibilité du site. Si la bascule tourne mal, la remise en service relève du dépannage de site internet, avec les délais et le coût que cela suppose.
En droit français, la propriété du code source et des créations graphiques ne se transfère pas automatiquement avec le paiement de la facture. Elle suppose une cession écrite et précise. L'article L. 131-3 du code de la propriété intellectuelle impose que chaque droit cédé fasse l'objet d'une mention distincte dans l'acte de cession, et que le domaine d'exploitation soit délimité quant à son étendue, sa destination, son lieu et sa durée. Une facture, même acquittée, ne vaut pas cession.
Cette exigence de forme est stricte et souvent négligée. Un contrat de création ou de maintenance conforme énumère séparément les droits de reproduction, de représentation et d'adaptation, précise l'étendue territoriale, la durée et les supports d'exploitation, et distingue explicitement les créations graphiques, qui relèvent du droit d'auteur classique, du code source, qui relève du régime du logiciel. En l'absence de ces mentions, le client se retrouve dans une situation inconfortable : il détient un site qu'il exploite, mais dont il ne peut pas librement faire modifier le code par un tiers sans discussion possible. En pratique, l'immense majorité des reprises se déroule sans contentieux, mais l'ambiguïté devient un levier de négociation entre les mains du prestataire sortant.
Les données obéissent à une logique différente et plus protectrice. Dès lors que le prestataire traite des données à caractère personnel pour le compte de son client, il agit comme sous-traitant au sens de l'article 28 du règlement général sur la protection des données. Cet article impose un contrat écrit et, ce qui intéresse directement la reprise, l'obligation pour le sous-traitant de restituer ou de supprimer les données à la fin de la prestation, selon le choix du responsable de traitement. Les données de formulaires, de comptes clients, de lettres d'information ou de commandes doivent donc vous être remises, quel que soit l'état de la relation commerciale. C'est le point sur lequel le droit vous donne l'appui le plus direct et le plus clair.
Quant à la rupture de la relation, l'article L. 442-1 du code de commerce sanctionne la rupture brutale d'une relation commerciale établie sans préavis écrit tenant compte de sa durée. La disposition protège aussi bien le prestataire que le client. Concrètement, un contrat de maintenance reconduit chaque année pendant huit ans ne se résilie pas du jour au lendemain sans risque. Vérifiez la clause de durée et de préavis de votre contrat avant d'agir, et faites-vous conseiller si la relation est longue et le montant significatif. Nous ne sommes ni avocats ni conseils juridiques, et ce billet ne remplace pas un avis professionnel : il signale les articles à faire lire par votre conseil habituel.
La leçon opérationnelle est simple. Le meilleur moment pour sécuriser la propriété du code, des visuels et des données n'est pas au moment de partir, c'est au moment de signer. Un contrat de maintenance bien rédigé contient une clause de cession conforme à l'article L. 131-3, une clause de sous-traitance conforme à l'article 28 du RGPD, et une clause de réversibilité qui décrit ce qui sera restitué, sous quel format et dans quel délai. Notre page contrat de maintenance web précise ce que doit couvrir un engagement de ce type.
L'audit de reprise est le premier livrable d'une nouvelle agence sérieuse. Son objet n'est ni le référencement ni la performance : il détermine ce que vous possédez réellement, dans quel état, et ce que coûterait la remise à niveau. Sur le marché français en 2026, il se situe entre 500 et 1 000 euros hors taxes pour un site vitrine de moins de cinquante pages, et entre 1 000 et 3 000 euros pour un audit complet.
Ces fourchettes correspondent aux paliers observés chez les prestataires français. Le premier palier, de 500 à 1 000 euros hors taxes, couvre un site vitrine de taille modeste avec un périmètre technique restreint : versions, extensions, sauvegardes, accès. Le deuxième palier, de 1 000 à 3 000 euros hors taxes, correspond à un audit complet qui ajoute les dimensions sémantique et de popularité. Le troisième, de 3 000 à 7 000 euros hors taxes, vise les sites de commerce en ligne et les projets de refonte, où le nombre de gabarits et d'intégrations tierces fait exploser le temps de test. Pour une TPE ou un professionnel indépendant disposant d'un site de taille standard, un audit complet se situe couramment entre 1 500 et 3 000 euros hors taxes.
Un point de comparaison utile : l'audit d'accessibilité mené selon le référentiel général d'amélioration de l'accessibilité se situe, d'après le repère diffusé par la direction interministérielle du numérique, entre 2 000 et 5 000 euros hors taxes pour un site courant. Cet écart s'explique par la méthode. Le référentiel compte cent six critères, dont l'évaluation réclame deux à quatre jours de tests manuels, parce que les outils automatisés ne couvrent qu'environ trente pour cent des critères. C'est un bon indicateur de ce qui doit vous alerter dans un devis d'audit : si le prix ne correspond à aucun volume de jours identifiable, le livrable sera un rapport d'outil automatique, pas un audit.
Que doit contenir un audit de reprise utile ? D'abord un inventaire des accès effectivement obtenus et des accès manquants, avec la liste nominative de ce qui reste à demander. Ensuite l'état des versions : cœur du CMS, version de PHP, version du moteur de base de données, extensions et thèmes avec leur date de dernière mise à jour et leur statut de maintenance. Puis l'état des sauvegardes : existent-elles, où sont-elles stockées, à quelle fréquence, et surtout ont-elles déjà été restaurées avec succès. Une sauvegarde jamais restaurée n'est pas une sauvegarde, c'est une hypothèse. Enfin, la liste des personnalisations apportées au cœur ou au thème, qui détermine la difficulté de toutes les mises à jour futures.
Le livrable doit se terminer par un chiffrage en trois blocs : ce qui doit être corrigé immédiatement pour des raisons de sécurité, ce qui doit être planifié dans les six mois, et ce qui peut attendre. Sans cette hiérarchisation, l'audit produit une liste de deux cents anomalies qui décourage plus qu'elle n'aide. Pour comparer deux devis d'audit, regardez le nombre de jours d'expertise annoncés, les dimensions réellement auditées, la nature des livrables et l'existence d'une restitution orale, plutôt qu'un prix moyen affiché.
Une reprise fait toujours apparaître une dette technique héritée, c'est-à-dire l'écart entre les versions installées et les versions encore supportées. Les échéances de 2026 sont précises : PHP 8.1 ne reçoit plus aucun correctif depuis le 31 décembre 2025, PHP 8.2 cesse d'être maintenu en sécurité le 31 décembre 2026, et Joomla 4 a perdu son support de sécurité le 17 octobre 2025. Un site laissé sur l'une de ces briques n'est pas seulement en retard, il est exposé.
Regardons le calendrier PHP dans le détail, parce qu'il commande tout le reste. PHP 8.2 est entré en phase de support de sécurité seule depuis le 31 décembre 2024 et atteindra sa fin de vie le 31 décembre 2026 : dans moins de quatre mois au moment où ces lignes sont écrites. PHP 8.3 est passé en support de sécurité fin 2025 et sera maintenu jusqu'au 31 décembre 2027. PHP 8.4 bénéficie d'un support actif et d'une fin de vie fixée au 31 décembre 2028. PHP 8.5, publié le 20 novembre 2025, est maintenu jusqu'au 31 décembre 2029. Autrement dit, si le site que vous reprenez tourne sur PHP 8.2, la migration n'est pas un chantier à programmer un jour : c'est un chantier de cette fin d'année. Le passage de 8.2 à 8.3 est en général peu risqué, sans rupture majeure pour la plupart des applications, mais il doit être testé sur un environnement de recette et non directement en production.
Du côté de Joomla, la situation est tout aussi datée. Joomla 4 a atteint sa fin de vie le 17 octobre 2025 et ne reçoit plus de correctifs de sécurité. Joomla 5 est supporté jusqu'au 12 octobre 2027. Joomla 6 a été publié le 14 octobre 2025, en même temps que Joomla 5.4, et sa fin de vie est fixée au 16 octobre 2029. Reprendre un site Joomla 4 signifie donc programmer une montée de version à court terme, ce qui change entièrement le chiffrage de la première année. Reprendre un site encore en Joomla 3, dont le support s'est arrêté en août 2023, relève quant à lui d'un chantier de migration à part entière, pas d'une simple maintenance.
Le raisonnement vaut pour WordPress et pour tout CMS : ce ne sont pas seulement les versions du cœur qui comptent, ce sont les extensions. Une extension dont la dernière mise à jour date de plus de deux ans est un candidat au remplacement, même si elle fonctionne encore. Une extension commerciale dont la licence appartient à l'agence sortante cesse de se mettre à jour au premier jour du nouveau contrat. Ces deux points sont invisibles dans un tableau de bord et n'apparaissent que dans un inventaire manuel.
Un conseil de méthode pour la négociation. Ne laissez pas la dette technique héritée être présentée comme une faute du client. Elle est le produit du contrat précédent. En revanche, exigez qu'elle soit chiffrée séparément du forfait de maintenance courante. Mélanger la remise à niveau initiale et l'abonnement mensuel brouille durablement la lisibilité du budget, et transforme la première année en une facturation dont personne ne sait ce qu'elle finance. La remise à niveau est un projet daté ; la maintenance est un abonnement. Ce sont deux lignes.
Reprendre un site, c'est aussi reprendre ses obligations de conformité, qui ne se suspendent pas pendant le changement de prestataire. Le cadre vient de bouger : le décret n° 2026-816 du 24 août 2026, publié au Journal officiel le 26 août et en vigueur le lendemain, modifie le décret n° 2019-768 du 24 juillet 2019 sur l'accessibilité numérique. Toute reprise engagée cette rentrée se fait sous un texte de quinze jours.
Ce décret organise notamment un suivi annuel, réalisé par le ministre chargé des personnes handicapées, de la conformité des sites, intranets, extranets et applications mobiles des organismes publics, des délégataires de service public et des grandes entreprises dont le chiffre d'affaires moyen en France atteint 250 millions d'euros. Un rapport établi à partir de ce suivi est transmis tous les trois ans à la Commission européenne. Si votre entreprise se situe sous ce seuil, l'absence de suivi ministériel systématique ne signifie pas absence d'obligation : la conformité, la déclaration d'accessibilité, le schéma pluriannuel et la capacité à en apporter la preuve restent exigibles.
Le second cadre, plus large, est celui de la directive européenne sur l'accessibilité des produits et services, applicable depuis le 28 juin 2025 et transposée en France par l'ordonnance n° 2023-859 du 6 septembre 2023 et le décret n° 2023-931 du 9 octobre 2023. Elle vise les services numériques destinés aux consommateurs : commerce en ligne, services bancaires, transport, télécommunications, livres numériques, médias audiovisuels. Les microentreprises en sont exclues. Les sanctions atteignent 50 000 euros par service non conforme, auxquels peuvent s'ajouter 25 000 euros en cas de défaut de déclaration d'accessibilité ou de schéma pluriannuel. L'Arcom a été désignée autorité de contrôle et a rendu sa première mise en demeure, délibérée le 24 juin 2026 et publiée en juillet 2026.
Un site vitrine strictement institutionnel, qui ne vend rien en ligne et ne relève d'aucun des secteurs visés, n'est pas soumis à ces obligations. Il est important de le dire clairement, parce que le marché de la conformité entretient volontiers le flou pour vendre des audits à des entreprises qui n'en ont pas l'obligation. En revanche, deux évolutions à venir méritent d'être surveillées : la version 5 du référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, en cours de rédaction par la direction interministérielle du numérique et attendue pour la fin 2026, qui intégrera les WCAG 2.2 publiées par le W3C le 5 octobre 2023 et ajoutera des critères pour les applications mobiles et les documents bureautiques ; et la mise en place d'un téléservice de dépôt des déclarations d'accessibilité.
Pour une reprise, la conséquence pratique est double. D'une part, réclamez au prestataire sortant les documents de conformité existants : déclaration d'accessibilité, rapport d'audit, schéma pluriannuel, registre des traitements dans sa partie site web, mentions légales et politique de confidentialité à jour. D'autre part, sachez que les déclarations d'accessibilité publiées avant la sortie du RGAA 5 resteront valables dix-huit mois, dans la limite de trois ans à compter de leur publication. Une déclaration ancienne n'est donc pas éternellement opposable, et sa date fait partie de l'inventaire de reprise.
Un plan de reprise tient en quatre semaines et en quatre objectifs successifs : sécuriser les accès, prendre le contrôle de l'hébergement et des sauvegardes, stabiliser le site, puis engager les corrections. Aucune évolution fonctionnelle ne doit être lancée pendant cette période. Vouloir livrer une nouvelle page pendant que la reprise est en cours est la meilleure façon de mélanger les causes quand une anomalie survient.
Semaine 1, sécuriser. Inventaire des sept clés, changement systématique de tous les mots de passe transmis, révocation des comptes du prestataire sortant une fois la restitution constatée complète, activation de la double authentification sur le bureau d'enregistrement, l'hébergeur et le CMS. Une copie complète du site, fichiers et base, est réalisée et stockée hors de l'infrastructure d'origine. C'est la seule sauvegarde dont vous êtes certain de la provenance.
Semaine 2, contrôler. Transfert du nom de domaine si nécessaire, vérification de la titularité, recopie de la zone DNS, mise en place d'une supervision de disponibilité et d'expiration des certificats. Mise en place d'une politique de sauvegarde propre, avec au moins une copie hors site, et surtout un test de restauration réel. Une restauration testée le premier mois vaut mieux que dix promesses contractuelles.
Semaine 3, stabiliser. Création d'un environnement de recette identique à la production, application des mises à jour de sécurité les plus urgentes sur cet environnement, vérification des formulaires, des courriels transactionnels, des redirections et des pages clés. C'est aussi le moment de mesurer l'état de départ : temps de chargement, erreurs serveur, pages en erreur 404, volume de trafic. Sans mesure initiale, aucune amélioration ne sera démontrable dans six mois.
Semaine 4, corriger et planifier. Passage en production des correctifs validés en recette, puis restitution du plan à douze mois issu de l'audit : ce qui est fait, ce qui est planifié, ce qui est écarté et pourquoi. Ce document est le vrai livrable de la reprise. Il transforme un changement de prestataire subi en trajectoire pilotée, et c'est exactement l'objet de notre démarche d'amélioration continue.
Un mot sur la période de cohabitation. Lorsque c'est possible, prévoyez deux à quatre semaines pendant lesquelles l'ancien et le nouveau prestataire disposent encore l'un et l'autre d'un accès en lecture. Cette cohabitation coûte quelques centaines d'euros de prolongation de contrat et évite des semaines de fouille. Elle est presque toujours rentable, et elle est beaucoup plus facile à obtenir avant l'envoi de la lettre de résiliation qu'après.
Reprendre dix sites n'est pas reprendre dix fois un site. Lorsqu'un groupe, un réseau de franchises ou une entreprise multi-marques change de prestataire, la difficulté se déplace : elle n'est plus technique mais organisationnelle. Le point de départ n'est plus l'audit d'un site, c'est la cartographie du parc, avec pour chaque site son titulaire de domaine, son hébergeur, son CMS, sa version, son responsable interne et son niveau de criticité.
Cette cartographie révèle presque toujours trois choses. D'abord des sites oubliés : landing pages de campagnes anciennes, mini-sites événementiels, anciens domaines de marque toujours enregistrés et toujours facturés. Ensuite une hétérogénéité de versions qui rend impossible toute maintenance groupée tant qu'elle n'est pas réduite. Enfin des dépendances croisées, du type un certificat ou un service de courriel partagé entre plusieurs sites, dont la coupure lors d'une migration provoque des effets en cascade que personne n'avait anticipés.
La méthode qui fonctionne consiste à traiter le parc par vagues, en commençant par le site le moins critique, afin que les premières erreurs se produisent là où elles coûtent le moins. Les enseignements de la première vague deviennent la procédure des suivantes. On homogénéise ensuite les versions avant d'essayer d'industrialiser quoi que ce soit : appliquer une supervision commune à un parc hétérogène produit un tableau de bord rouge que personne ne regarde plus au bout de trois semaines.
Le gain est réel une fois le parc aligné : une seule fenêtre de maintenance, une seule procédure de sauvegarde, un seul interlocuteur, un seul reporting. Il devient possible de mesurer et de comparer les sites entre eux, donc d'arbitrer les budgets sur des faits. C'est l'objet de notre offre d'infogérance de parc digital, pensée pour les organisations qui gèrent plusieurs sites et veulent cesser de les gérer un par un.
Quatre questions reviennent systématiquement lors d'un changement de prestataire : que faire face à un refus de restitution des accès, combien de temps prévoir pour éviter toute coupure, faut-il en profiter pour refondre le site, et que doit contenir une clause de réversibilité. Voici des réponses directes, fondées sur les textes applicables et sur les délais réellement constatés.
Commencez par formuler la demande par écrit, en recommandé, en distinguant ce qui vous est dû sans discussion possible de ce qui peut être négocié. Les données à caractère personnel traitées pour votre compte doivent vous être restituées ou supprimées en fin de prestation au titre de l'article 28 du RGPD : ce point n'est pas négociable. Le nom de domaine se récupère auprès du registre si vous en êtes titulaire, et par une procédure de changement de titularité si ce n'est pas le cas. Pour le code source, tout dépend de la clause de cession figurant au contrat initial. En parallèle, une nouvelle agence peut toujours reconstruire un accès à partir d'une copie du site et de la base, ce qui vous rend une marge de manœuvre pendant la discussion.
Comptez quatre à six semaines pour une reprise propre et sans coupure sur un site vitrine, dont deux à trois semaines de préparation avant tout changement visible. Le facteur limitant n'est presque jamais la technique mais l'obtention des accès. Le transfert d'un nom de domaine en .fr prend un à trois jours, et jusqu'à vingt-deux jours si le bureau d'enregistrement sortant s'y oppose dans les huit jours. Sur les extensions génériques, le verrou de soixante jours après une création ou un transfert précédent peut à lui seul décaler tout le calendrier.
Non, dans la majorité des cas. Une refonte se justifie quand le CMS n'est plus supporté, quand la personnalisation du cœur interdit toute mise à jour, ou quand le site ne répond plus aux besoins métier. Elle ne se justifie pas parce qu'une nouvelle agence préfère travailler sur son propre outillage. Demandez systématiquement un chiffrage comparé des deux scénarios, remise à niveau contre refonte, sur trois ans et non sur la première année : c'est le seul horizon qui rend la comparaison honnête.
Une clause de réversibilité utile nomme les éléments restitués, leur format et le délai de restitution. Au minimum : export complet de la base de données, archive ou dépôt du code source avec son historique, liste des comptes tiers et de leurs titulaires, documentation de l'hébergement et du déploiement, transfert du nom de domaine et de la zone DNS, restitution ou suppression des données personnelles au sens de l'article 28 du RGPD. Elle prévoit idéalement une période de cohabitation de deux à quatre semaines et le tarif journalier applicable à l'accompagnement de la reprise. Une clause qui se contente d'écrire que le prestataire restituera les éléments nécessaires ne sert à rien.
Une reprise réussie ne se joue pas sur la compétence technique de la nouvelle agence, elle se joue sur la qualité de l'inventaire réalisé avant la résiliation. Les sept clés, la titularité du domaine, les fins de support datées et les documents de conformité forment un état des lieux qui se constitue en quelques jours, et qui évite des mois de reconstitution.
Pulsar Agency accompagne depuis 2005 des PME et des grands comptes en Île-de-France et dans les Hauts-de-France sur la maintenance, la TMA et l'infogérance de sites existants. Reprendre le site d'un confrère, en comprendre les choix et en assurer la continuité fait partie de notre quotidien. Si vous envisagez un changement de prestataire, commencez par un état des lieux : notre audit de site web vous dit ce que vous possédez, dans quel état, et ce que coûte la remise à niveau, avant que vous n'engagiez quoi que ce soit.